Une saison inoubliable, épisode 9

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Par filipe
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30 ans après, avant le match contre Metz © kibitz

Mai 1979 : le Racing est, peut-être, à quelques semaines de son premier titre de champion de France. Retour sur les matchs disputés face à Marseille, Gueugnon (en Coupe de France), Valenciennes et Nancy grâce aux souvenirs des stubistes.

Résumé des épisodes précédents
En tête du classement depuis la 5ème journée, le Racing doit composer avec la concurrence de Nantes et de Saint-Etienne, encore et toujours accrochés à ses basques. En Coupe de France, Strasbourg s'est qualifié pour les quarts de finale où il va affronter Gueugnon, club de D2.
Pour suivre les épisodes précédents d'Une saison inoubliable, cliquez ici.

34ème journée : Marseille-RCS, samedi 5 mai 1979



Equipe


En pleine confiance, les Strasbourgeois se déplacent à Marseille pour y affronter l'OM, tranquillement calé dans le ventre mou du classement. Malheureusement, la rencontre ne se déroule pas comme espéré : « la défaite à Marseille était celle que l'on n'attendait pas. A Nantes, à Saint Etienne et même à Paris, on redoutait de perdre et les défaites n'ont pas surpris les supporters. Mais à Marseille, qui malgré un bel effectif ne tournait pas très rond, l'OM ne semblait pas en mesure de vaincre un Racing dominateur » se souvient sedna. Et pourtant les olympiens ouvrent le score et obligent les Strasbourgeois à courir après le score, comme le souligne dudu : « le match de Marseille a été une grande frustration pour moi car j'étais persuadé que le Racing pouvait ramener au minimum un nul, mais un but d'entrée de l'OM et le Racing fut dans l'obligation de faire le jeu pour essayer de revenir, malheureusement en vain ». (1-0)

Nos deux stubistes partagent ainsi la même déception au coup de sifflet final : « les olympiens ont réussi l'un de leurs meilleurs matchs de la saison en menant très rapidement au score puis en tenant ce résultat jusqu'au bout. Jusqu'à la fin, j'ai espéré l'égalisation des Bleus, ce fut vraiment une soirée décevante » (sedna); « j'avais de nouveau suivi le match à la radio et jusqu'à la fin j'étais persuadé de l'égalisation... et quand la fin du match fut sifflée, j'avais un sentiment de terrible déception et surtout l'impression que nous avions laissé passer une énorme occasion » (dudu).

Et avec la victoire stéphanoise face à Metz, le Racing ne compte à nouveau plus qu'un point d'avance sur les Verts et deux points de plus que le FC Nantes. « Le Racing était passé à côté de son match et la petite marge de manoeuvre sur les poursuivants se rétrécissait à nouveau. Cela nous montrait que nous n'étions pas invincibles et que le chemin du titre allait encore être semé d'embûches » conclut sedna.

Mais finissons sur une bonne note avec aragon, « pour l'anecdote, Dominique Dropsy avait magnifiquement arrêté un pénalty (vraiment du grand art) : si ma mémoire ne me fait pas défaut, il avait commencé à partir sur sa droite, mais le ballon partait sur sa gauche, et le grand DD s'est finalement allongé de tout son long du bon côté pour le sortir du bout des doigts sur la ligne. Ça m'avait marqué car c'est cette même saison que le gardien nantais Bertrand-Demanes avait sortit un péno en Coupe d'Europe à Benfica à peu près de la même manière (partie du mauvais côté d'abord, puis ballon sortie du pied) ».

Coupe de France, quart de finale, aller : Gueugnon-RCS, mercredi 9 mai 1979



Courte pause dans la lutte pour le titre avec ce qui va désormais devenir le second objectif du Racing : la Coupe de France. Ce match face à Gueugnon « pouvait ressembler à un piège car les forgerons avaient un bonne équipe de D2 et jouaient les premiers rôles dans cette division » souligne dudu, « autant dire que pour le match aller à Gueugnon, le Racing était attendu de pied ferme ».

Surtout que Strasbourg s'y rend sans Roger Jouve comme nous l'indique sedna : « le match de Marseille avait laissé des traces. Jouve revenu à son meilleur niveau était blessé à la face après un rude choc avec Jean Fernandez, ce fut son dernier match de la saison. Cependant contre Gueugnon, les Strasbourgeois retrouvaient Jean-Jacques Marx longtemps absent et dont on espérait que la cuisse tiendrait, ce qui fut le cas ».

« Gueugnon, c'était l'autre grosse surprise de la saison » nous rapporte encore sedna « en tête de son groupe, malgré un statut promotionnel hybride entre amateur et professionnel, ils seront champion de D2 mais refuseront l'accession pour ne pas adopter le statut professionnel obligatoire à ce niveau ».

Quant à la rencontre en elle-même, « l'équipe dirigée par Casimir Novotarski, un entraîneur connu à la Meinau, la débuta tambour battant et devant 20 000 spectateurs dans le petit stade champêtre Jean-Laville (imaginez 20 000 spectateurs à Haguenau par exemple...) » se souvient sedna. « Il fallu plusieurs arrêts déterminants de Dropsy pour résister à la furie bourguignonne, mais au bout de 20 minutes, le vent allait tourner et un premier but de Marx qui signait sa rentrée, puis un deuxième de Roland Wagner quelques minutes après allaient mettre le Racing sur de bons rails. A la reprise, c'est encore Wagner auteur d'un excellent match qui signait son doublé, puis Jacky Novi avant l'heure de jeu portait le score à 4-0. Il n'y avait plus de match. Le Racing avait montré sa supériorité face à bourguignons submergés. Dans les derniers instants, Yves Ehrlacher et André Wiss, entrés tous deux en jeu dans le dernier quart d'heure, inscrirent chacun leur but pour une victoire sans appel 6-0, le match retour était déjà devenu sans enjeu, le Racing était qualifié ».

Et dudu de confirmer la supériorité strasbourgeoise : « au contraire du scénario prévu par les locaux, ce fut un récital des Alsaciens et un match dominé de la tête et des épaules par un Racing conquérant et très efficace » face aux Gueugnonnais. Une performance « d'autant plus remarquable que ceux-ci avait éliminé sans rémission Saint-Etienne au tour précédent » conclut aragon.

Coupe de France, quart de finale, retour : RCS-Gueugnon, samedi 12 mai 1979



Trois jours plus tard, le Racing accueille Gueugnon pour un match retour sans enjeu. Un match suivi dans les tribunes de la Meinau par sedna : « je me souviens d'une équipe de Gueugnon assez hargneuse qui, sans doute vexée de la punition du match aller, avait décidé de laisser traîner les crampons. Le match fut assez heurté et la priorité des Bleus, c'était de ne pas enregistrer de nouveaux blessés. La petite victoire 2-0 suffisait amplement, la qualification en demi-finale était en poche, on allait pouvoir se consacrer aux derniers matches du championnat ».

35ème journée : RCS-Valenciennes, vendredi 18 mai 1979



Equipe


« Quelques jours plus tard, devant un public clairsemé (12 000 spectateurs) et par temps pluvieux, le Racing recevait Valenciennes en lutte pour le maintien et qui ne dû son salut en D1 qu'au désistement de... Gueugnon à l'étage inférieur. » d'après sedna. Le match piège par excellence en quelque sorte. Mais avec le retour de Marx, Gilbert Gress peut à nouveau aligner sa défense type pour cette rencontre qui « revêtait une grande importance car le sprint final était lancé et la défaite du Racing à Marseille avait mis la pression de notre côté » (dudu).

dudu se rappelle d'un Racing qui a heureusement su prendre « le match en main dès le début de la rencontre et je me souviens du festival de nos attaquants, surtout celui d'Albert Gemmrich » sedna quant à lui a passé « une excellente soirée » pour « un match enthousiasmant. Il y avait pourtant quelques bons joueurs dans cette équipe de V.A. : P. Piette, B. Metsu ou R. Milla par exemple. Mais le Racing menait 2-0 à la mi-temps après des buts de Wagner et Gemmrich ».

« Le match était déjà plié à la mi-temps mais le Racing voulait montrer à la concurrence qu'il était bien présent et le score devint très conséquent en deuxième période » poursuit dudu. Strasbourg continue à dominer la rencontre tout au long de la seconde période : « je me rappelle bien du troisième but » nous confie sedna, « le doublé pour Gemmrich. Wagner sur la ligne de corner à l'entrée de la surface, après une petite jonglerie, centre à l'aveugle en retourné et la balle arrive au point de penalty dans les pieds de Gemmrich qui n'a plus qu'à fusiller Bas, le portier nordiste. Après que Lugier ne rate l'occasion de réduire le score sur un penalty tiré dans les tribunes du stade, le Racing marqua encore à deux reprises par Marx (qui revenait bien pour cette fin de championnat) et Piasecki. Avant le crucial déplacement à Nancy, le Racing confirmait sa place de leader ». dudu acquiesce : « un match bien négocié et 5 buts qui faisaient beaucoup de bien au moral » (5-0).

L'entraîneur de Valenciennes (Jean-Pierre Destrumelle) confirmant à la fin du match la supériorité du RCS : « survolté par la perspective du titre, Strasbourg est une véritable machine de guerre ».

Même la presse commence à croire au titre pour le Racing comme nous l'apprend aragon : « c'est après ce match que j'ai investi mon argent de poche dans mon premier France Football. Gemmrich en couverture je crois et un titre d'article qui promettait enfin le titre au Racing ». Cependant, au classement, Strasbourg est toujours sous la menace de Saint-Etienne (à un point) qui a écrasé Nice 5-1 et de Nantes (à deux points) facile vainqueur 3-0 de Nancy, prochain adversaire du RCS. Avec une différence de buts inférieure, Strasbourg n'aura pas le droit à l'erreur à trois journées de la fin du championnat...

36ème journée : Nancy-RCS, vendredi 25 mai 1979



Equipe


« Le match à Nancy était celui de tous les dangers » annonce sedna, « une défaite aurait pu être catastrophique si près du but ». D'ailleurs, d'après aragon, « la France quasi entière (à l'époque verte ou jaune) nous voyait tout perdre là-bas ».

Mais pour soutenir le Racing, les supporters alsaciens se déplacent en grand nombre en Lorraine. dudu y était : « La fin de la saison arrivait à grands pas et c'était l'occasion de soutenir à l'extérieur nos Bleus dans la conquête du Graal car après la victoire contre Valenciennes, il y avait une fièvre énorme dans la région et il me semble que c'est à ce moment-là que tout le monde se disait que le rêve tellement fou allait se réaliser. Je me souviens avoir fait Strasbourg-Nancy avec un drapeau coincé dans ma portière, vitre ouverte sans arrêter de chanter à la gloire de notre Racing. J'étais avec deux amis encore plus fous que moi et ce souvenir reste à jamais dans mes souvenirs les plus forts vécus lors de cette saison. C'est une véritable marée bleue qui déferla sur Nancy... Sur la route qui menait là-bas, il n'y avait que des voitures immatriculées 67 avec des drapeaux bleus et blancs, des cars remplis de supporters remontés comme des coucous, bref c'était l'envahissement de la Lorraine par l'Alsace... ».

Pour le match « tout le monde s'attendait à voir René Deutschmann en chien de garde face à Platini, hélas, blessé, il dut rester à Strasbourg. C'est donc dans une configuration très particulière que le Racing abordait ce match. Le jeune et sans complexes Rémi Vogel occupant le poste de stoppeur et Léonard Specht montant d'un cran pour venir s'occuper du marquage de la grande star du football français » (sedna).

La rencontre n'est cependant pas très enthousiasmante d'après dudu qui ne garde « pas un grand souvenir du niveau du match car la tension était grande ». En tout cas, à la mi-temps, la conjoncture n'est pas très bonne, comme l'indique sedna : « le match s'est joué sous la pluie et il faut bien avouer que la rencontre fut assez heurtée et que le spectacle n'était pas du plus haut niveau. Je suivais les rencontres à le radio et nos adversaires mettaient la pression, Saint-Etienne menait 1-0 à la mi-temps à Bordeaux et Nantes en faisait de même à Nice, ce qui donnait Saint-Etienne en tête du championnat au bout des 45 premières minutes grâce à une meilleure différence de buts. Pendant ce temps là, le Racing et Nancy se livraient une partie acharnée sans pouvoir se départager. Le suspens était à son comble. Toute la saison allait peut-être se jouer dans ces 45 minutes à venir. En début de deuxième mi-temps, le Racing accéléra le rythme et l'ambiance devint encore plus électrique. Nancy tentait également de forcer le sort, sans y parvenir ».

dudu corrobore ces propos : « je me souviens qu'à la mi-temps avec ce 0-0, nous n'étions plus leader avec les résultats de nos concurrent directs... mais après une fin de match tendue, nous avions retrouvés, à la faveur de ce match nul et vierge, notre place tant convoitée de premier de la classe ». En effet, « de bonnes nouvelles nous venaient de Nice et de Bordeaux » souligne sedna « Bordeaux égalisait puis prenait l'avantage à l'heure de jeu face à Saint-Etienne tandis que Nice égalisait face à Nantes à un quart d'heure de la fin des rencontres. Il ne restait plus au Racing qu'à tenir ce résultat nul jusqu'à la fin, ce que signala sans doute Gilbert Gress à ses joueurs. C'est avec un nul équivalent à une victoire que l'on revint de Nancy, nos adversaires étant relégués à deux points, à deux journées de la fin. Ce fut sans doute la soirée la plus éprouvante à suivre à la radio. L'enthousiasme des commentateurs au moment où Saint-Etienne prenait l'avantage en toute fin de première période était vraiment exaspérant pour les supporters du Racing. Mais la conclusion de la soirée était une véritable libération » (0-0).

« Le retour sur l'Alsace fut également grandiose avec des concerts de klaxons sur la route et une fatigue nerveuse très présente, car ce déplacement avait quand même été très difficile » nous confie encore dudu. Terminons avec ce commentaire de Michel Platini, rapporté par aragon : « Strasbourg sera champion. Il devra son titre en grande partie à la solidité et à l'organisation de sa défense. Domenech est de loin le meilleur défenseur français actuel. Quand à Dropsy, lui, il est tout simplement décourageant ».


A suivre
A deux matchs du terme de la saison, qui de Strasbourg, Saint-Etienne ou Nantes va pouvoir conquérir le titre ? La prédiction de Michel Platini va-t-elle se réaliser ? Qu'ont fait sedna, dudu et aragon le soir du 1er juin 1979 ? Pour le savoir, rendez-vous sur racingstub.com le 1er juin prochain pour le dernier épisode d'Une saison inoubliable.

Merci aux stubistes cités dans l'article pour leur participation. Si vous aussi vous souhaitez faire partager vos souvenirs, n'hésitez pas à contacter redaction.

filipe

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