D'Angers Zone

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Par jpdarky, zottel
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Pour changer de sujet, on va peut-être causer d’Angers. Plongée en apnée dans les marais modérés de l’eau tempérée sans aspérités de la ville-potager des Plantagenêts. Oh yeah.

(NDLR : cet article fait partie d'une série d'articles au thon blanc de l’Atlantique et résolument de seconde zone. A lire avec émotion en pratiquant le parkour.)

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage



Angers en Anjou c’est mou mon bijou” disait Bashung en 1981. Il n’avait pas tort, le crooner à la diction contrariante pour Jean-Claude Jouhan, qui n’était ni angevin ni d’Anjou, alors d’où vient ce courroux ? Aucune idée, et ce n’est pas le sujet comme disait le bon roi René, même si ça n’a rien à voir bien qu’il fût duc d’Anjou, pour le coup.

Non le sujet c’est Angers, et franchement, ce n’est pas aisé. Comment capter l’attention du lecteur post-moderne assailli de sollicitations chamarrées en ce XXIème siècle décidément merdique où le clash, les positions tranchées et caricaturales et les affirmations tonitruantes sont les seules modalités des échanges inter-subjectifs ? Ce n’est pas facile, donc, quand on veut se pencher sur Angers, tant cette bourgade est le symbole depuis la plus Haute-Antiquité de la mollesse, de la non-prise de position et de la transparence qui confinent au vide. Certes, on trouve la trace d’un empire angevin, d’un roi René qui aurait régné sur bien des terres en Europe; mais est-ce bien sérieux quand on s’appelle René ? On a envie de le vacciner contre le Covid. En parlant d’Angers le danger est surtout d’entrer dans l’engrenage du pédalage dans le néant. Angers serait nulle comme twittos.

Doit-ce nous arrêter ? Non ! On a parlé de Forbach, d’Avranches et du Poiré, on peut bien parler d’Angers. Ennuyer le lecteur n’a jamais été un frein au train sans fin de ces papiers surannés. Ce n’est pas Angers qui va nous arrêter, nous sommes lancés, en roue arrière sur l’autoroute de l’inanité.

Plus mon Loyre gaulois que le Tibre latin



Autant tomber directement à pieds joints dans le piège marketing, Angers est la ville dite des jardins. Batman y aurait fréquemment perdu contre Poison Ivy. L’habitat proprement dit est lâche et ramassé dans quelques îlots de civilisation. Un papillon traverserait Angers sans voir de ville. On plaint le papillon qui cherchait simplement un Carrefour Market ouvert un dimanche après-midi. Demandons-nous plutôt s’il est cohérent d’être une ville des jardins ? Pourquoi pas un village du béton ? Pourquoi pas la Grande Motte ? Ah si ? Ah bon.

N’est-ce pas une manifestation de l’indécision angevine ? Est-ce une concession aux dérisoires tentatives de retour à la terre de la frange la plus urbaine et connectée de nos centre-villes ? Les batailles se perdent par indécision ou excès de prudence, disait Napoléon, qui ne disait pas que des futilités, il en envahissait également. A ne pas vouloir heurter, Angers, décidément, serait nulle comme twittos.

En conséquence, dramatique, les principaux parc d’Angers sont : le Lac de Maine, le Parc Balzac, Parc du Hutreau, Parc du Pin, Etang St-Nicolas, Parc de Pignerolles, Jardin du Mail, Jardin des Plantes,... la ville comptant 150000 habitants, ragondins et passereaux inclus. C’est trop, le vote ragondin menaçant fréquemment la précaire majorité radical-centriste de la sympathique bourgeoisie franc-maçonne aux affaires depuis Charlemagne.

Le navire amiral du jardinisme angevino-urbain se trouve être le château d’Angers, vaste gâteau de marié bicolore consciencieusement décapité par Henri III, un château ceint de jardins épatants. Les oiseaux y gueulent et les fleurs puent, aurait dit Raymond Queneau. Le lecteur devrait s’inquiéter de cette profusion végétale, de ce qu’il préfigure du sombre avenir de l’humanité ou les Monstroplantes découperont pour de bon Jayce et les conquérants de la lumière. Une reprise en main musclée, rien de moins. Certes il y a eu beaucoup de progrès de fait sur le steak végétarien, et certains laits de soja ne caillent plus dans le café chaud, mais quand même, les auteurs sont inquiets.

Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine



Le lecteur plus attentif se demandera pourquoi le château est bicolore, alors que le Haut Koenigsbourg est colorié normalement. Indécise toujours, mutine et insaisissable et un peu pénible, Angers doit être appelée “Angers la blanche” ou “Angers la noire”, le service marketing hésite encore, et Bernard Lavilliers n’a rien inventé.

Elle le doit à ses multiples sources de matière première, ardoise et schiste noirs, tuffeau blanc. On ne saurait mieux s’exposer à la cancel culture que de ne pas choisir fermement entre le noir et le blanc. Par charité, on ne reviendra pas par exemple sur le sinistre black face d’Antoine Griezmann. Les auteurs eux-mêmes ne rédigent plus une ligne sans le contrôle de deux cabinets d’avocats et plusieurs associations engagées d’excellente réputation. Angers semble n’en avoir cure: nulle, si c’était un twittos, ou une twittos, ou un.e twittos, ou ( ) twittos.


Et plus que l'air marin la douceur angevine



Qu’on relise calmement Joachim du Bellay, confiné à Rome par quelque travail de tâcheron indigne de sa postérité artistique. “Et plus l’air marin”, à Rome, une ville qui n’a même pas de port ? Le touriste épris de cuisson à la méditerranéenne appréciera. Rome est une ville de soleil. On devine en creux que ce qu’il manque à du Bellay, c’est la pluie.

On se rappellera aussitôt avec effroi que l’Anjou jouxte la Bretagne. Il faut éclaircir ce point, les auteurs ne braderont pas leur réputation de rigueur pour une référence, fusse-t-elle éternelle comme cette fameuse “douceur angevine”. Jamais avare de confidences, Wikipedia nous explique alors que le climat angevin est un mélange ignoble de diverses influences molles qui s’allient pour former le pire des climats médians et excessivement non clivants (“Angers connaît très peu de phénomènes extrêmes, orages, chutes de neige, tempêtes, vents violents”). Un climat bâtard, sans amplitude thermique ambitieuse. Un climat de péteux.

Cette incapacité à prendre position clairement dans ce monde post-moderne et post-historique dont au sujet duquel on vous disait tout à l’heure (vide supra) qu’il ne vit que de clashs, de positions extrêmes et de situations noires ou blanches, est une insulte au progrès (c’est l’”incapacité à prendre position” tout ça qui est une insulte au progrès, concentrez vous ! Vous voyez que le monde post-truc bidule avec les sollicitations constantes machin ça vous ronge la tête ?) qui demande de se situer, de choisir un camp. Songeons twitter; Angers serait nulle comme twittos. Ce climat est de nulle part, ce n’est pas la France, il ne choisirait pas Pétain en 40, ni de Gaulle en 45, Angers est l’anti-France. Peut-être même la non-France, voire l’a-France.

Quand reverrai-je de mon petit village fumer la cheminée ?



Mais il n’y a pas que deux cabinets d’avocats et des associations patapon qui nous scrutent, nous, pauvres tâcherons qui tirons à la ligne comme un stagiaire l’Equipe pondant de la brève au kilomètre; non il y a aussi la Rédac’, cette chaisière austère et atrabilaire munie de sa Ligne raide et droite comme un truc qui serait dans l’ensemble non courbé, et même en détail. Bref, on nous susurre dans l’oreille avec un mégaphone dont le potard est poussé à 11 “VOUS ALLEZ PARLER DE FOOT À UN MOMENT, CA SUFFIT LES CONNERIES !”.

Dans une situation désespérée de ce type (songez quand même au supplice que nous inflige la Rédac’ et sa Ligne : parler de foot ET d’Angers ? Heureusement que votre clic ainsi que le temps de votre cerveau disponible consacré à la lecture de ce pensum nous rémunèrent grassement, sinon, franchement, on ne céderait pas notre dignité aussi facilement) il ne reste aux scribouillards éreintés qu’une solution : se tourner vers l’immarcescible Commissaire Zorky et son fidèle adjoint Dattel qui n’est pas en reste.

Il est 7:59, à la Nuée Bleue (note à l’intention des petits censeurs de joie férus de précision géolocalisante : en ce qui concerne l’emplacement actuel du commissariat central, dont au sujet duquel il se pourrait qu’il ne situât plus à quelques encablures du Sofitel, cf. la note de bas de page numéro 2 de l’épisode “Zorky et le secret de Nîmes” (clique, clique, c’est pour une bonne cause, on a encore les traites du jacuzzi à payer)), le Commissaire finit de monter l’escalier, il s’apprête à franchir l’huis du bureau des mystères pile à 8:00, comme à son habitude.

 - Bien l’bonjour mon bon Dattel, hmmm, je vous vois tout avachi, encore en train de songer aux congés de fin d’année ?

Dattel se redresse tout à trac, faisant tomber un catalogue La Redoute sous le bureau.

 - Commissaire ! Haha, salutations patron, heu… ne me morigénez pas, je suis gêné, gné gnééé…. Non, enfin, bon, comme qui dirait, Comissaire Zorky, je lisais le courrier, et justement, un jeune fan vous écrit pour vous demander pourquoi la mascotte d’Angers est un panda. Sale affaire patron, et en plus les indices sont maigres.
 - Effectivement, le risque est de confondre avec l’équipe de Chine. C’est le danger.
 - D’Angers ?
 - Voilà, il faudrait en changer.
 - Changer d’Angers ? Ohlala, chef c’est tout mélangé.
 - Vous pouvez vous concentrer un peu ? Si c’est pas trop vous déranger ?
 - Je vais essayer de m’arranger.
 - Avisez donc cette planisphère, ici là position de la cité mère des Plantagenêts, qu’est-ce que vous notez ?
 - Des genêts ? Quel rapport avec Angers ?
 - Vous êtes benêt, c’est tout emberilificotés sous votre bérêt : les Plantagenêts ! Angers est le berceau de ces gars ! Intéressez vous à l’Histoire, vous serez moins niais.
 - Haaaaaaa, c’est que je n’est pas beaucoup étudié, ma famille était modeste et mon père…
 - (il le coupe, agacé) Foin de vos simagrées, qu’y a t’il à remarquer sur cette carte, jeune freluquet ?
 - Gnéé ?
 - Mais enfin ! C’est la Pangée !
 - (...) (silence interloqué, qui rime en ‘er’)
 - La PANGEE gros teubé ! (le Commissaire se laissait rarement aller aux familiarités, mais la c’était franchement abusé) Le monde, il y a 200 millions d’années, qui n’était formé que d’un unique continent : la Pangée.
 - Ho yééééé !
 - Si vous voulez, bref, en ces temps reculés, où Twitter n’existait pas, Angers disposait déjà d’un climat odieusement mollasson, MAIS SURTOUT, Angers était atteignable à pied par la Chine, vu que tout ça n’était qu’un continent qui se tenait d’un seul tenant. C’est bon, c’est clarifié ?
 - Je suis sidéré, du coup, si tout se tenait d’un seul tenant, on pouvait aller d’Angers à Tanger en randonnée à pied ?
 - (...)
 - Heu… oh yeah ?
 - Foin de billevesées, jeune écervelé, ce que j’essaye de faire passer c’est que le panda, ce con, vivait à Angers, c’est un fait, pigé ? La difficulté c’est de séparer le bon grain de l’ivraie, l’angevin antédiluvien, et donc vilain, du gars d’Angers bien assimilé.
 - Oui, le danger c’est de les mélanger…
 - Avisez donc cette illustration comparative, avec ça, plus moyen de se tromper !

https://racingstub.com/uploads/cache/big1024/uploads/media/602f77...
Une fois encore, le patron avait toujours le chic d’être toujours équipé des accessoires idoines pour nous sortir des situations les plus périlleuses.

 - Holalala, chapeau patron, voilà une affaire classée, j’en suis bouche bée. Vous avez géré Angers avec dextérité. C’est plié.
 - Allons allons, cessez de me flatter, et puis c’est l’heure de manger, appelez donc la secrétaire, qu’elle fasse monter deux rôteuses et des sandouiches… au pâté !

jpdarky, zottel

Commentaires (2)

Flux RSS 2 messages · 1.760 lectures · Premier message par gohelforever · Dernier message par jpdarky

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    Modifié par gohelforever ·
    gohelforever • 49 ans
    " Angers c'est mou mon bijou". Eh bein, pas d'accord..., trop facile de critiquer la bourgade. Et puis à quoi ça Maine? Faut arrêter avec le french Bashung! Moi j'aime bien l'ouest, c'est dit. Certes, je suis plus bleu ciel que bleu pétrole, mais il m'arrive, dans mes rêves nocturnes, d'avoir des infidélités footballistiques : je le concède, souvent la nuit je Mans[/i].. Et même si fiers supporteurs, privés de stade depuis le covid, volutes pour ne pas descendre ne partent plus en fumigènes, j'irai tout à l'heure, avec un brin de provocation, comme un résident de l'arrêt publique Krimmeri un soir de match, entonner haut et fort : Osez, osez Angévine
  • Contribuer à des articles pour Racingstub devient encore plus gratifiant depuis que @gohelforever nous ravit avec ses commentaires, (la virgule joue un rôle ici) composés avec finesse et élégance. Chapoba.

    Merci à toi @gohelforever !

    Blourg

    (et toi, lecteur, profites-en pour aller lire les précédents épisodes, @gohelforever contribue presque à chaque fois un commentaire de qualité (et ça nous rapport plein de pognon si tu cliques))

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