Le Racing des années 40

Flux RSS 155 messages · 9.029 lectures · Premier message par schlesier · Dernier message par athor

  • Le "fameux" Hermann Eckert que nous recherchons serait ainsi venu au Racing avant l'avènement du football pro en France?! #-o
  • marc a écrit :
    Grâce à mosto, voila quelques documents sur le Racing de ces années 40. C'est extrait de la revue "Les Saisons d'Alsace", l'article étant de Jean-Louis Englisch.

    http://stub.site.voila.fr/images/PacoMateo.jpg
    http://stub.site.voila.fr/images/PART_1.jpg
    http://stub.site.voila.fr/images/PART_2.jpg
    http://stub.site.voila.fr/images/PART_3.jpg
    http://stub.site.voila.fr/images/Salut_Obligatoire.jpg


    Marc, l'article scanné par Mosto a rendu l'âme, qu'est qui c'est passé???!!!
  • schlesier a écrit :


    Cette année là, Puskas et lui parlèrent hongrois lors du Mondial... mais ils auraient pu aussi parler en allemand : jusqu'à l'âge de 12 ans, Ferenc Puskas s'est appelé Franz Purczeld, né d'un père "Donauschwabe". Il ne niait d'ailleurs jamais son origine. Ses coéquipiers et ses adversaires l'avaient de plus surnommés "Schwob". Eloquent, non? Puskas aurait donc pu être dans le camp d'en face en 54! Il y en a eu beaucoup d'autres. Certains jeunes arrivent aujourd'hui encore d'Asie centrale (ex-Allemands de la Volga) et jouent pour le Nationalelf...


    :O :O :O Incroyable l'histoire des origines de Puskas, je n'en avait jamais entendu parlé!
  • arthemis1153217504.jpg
    Modifié par arthemis ·
    arthemis • 28 ans
    Excusez-moi, mais à la lecture de vos posts, je me demande si ma mémoire ne me joue pas des tours...
    J'avais cru lire que le Racing s'était éxilé en Dordogne pendant la deuxième guerre mondiale ?
    En ce cas, je m'étonne qu'ils aient joué la Coupe d'Allemagne... #-o
  • Non ta mémoire ne tu joues pas des tours, ce n'est pas une histoire facile...

    Effectivement, le Racing des frères Heisserer, le FC Mulhouse de Kaufmann et Springinsfeld, et les SR Colmar de Heine, se retrouvèrent contraints et forcés d'évoluer dans la « Gauliga Elsaß », un championnat officiel, et cela dura quatre saisons.

    Donc, le 2 septembre 1939, c'est la guerre. Les compétitions sportives sont suspendues. Des mesures jusqu'alors tenues secrètes entrent en vigueur, entraînant l'évacuation, dans des wagons à bestiaux, de plus de 400.000 Mosellans et Alsaciens, surpris puis désemparés (soit un tiers de la population alsacienne), parmi lesquels tous les habitants de Wissembourg et presque tous les Strasbourgeois, moins un peu plus de 3.000 civils.

    Ils sont transplantés dans le sud-ouest de la France à près de mille kilomètres de chez eux. Un jeune étudiant strasbourgeois, Paul Wolf, prend l'initiative de regrouper les footballeurs évacués et de poursuivre à Périgueux l'activité du Racing Strasbourg. Le 7 janvier 1940, Strasbourg bat Bordeaux à Périgueux en seizièmes de finale de la coupe de France avant de se faire lourdement éliminer au tour suivant à Sète, le 4 février 1940.

    En avril 1940, la « drôle de guerre » prend fin abruptement lorsque les troupes allemandes, sans avertissement, en moins de deux mois, conquièrent le Danemark et la Norvège et isolent la Suède. Le 10 mai, l'Allemagne lance une guerre éclair contre les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique et la France. Le 19 juin 1940, la Wehrmacht entre à Strasbourg. Le 22 Juin 1940 la France est contrainte de signer l'armistice. Le 28 Juin, jour anniversaire du Traité de Versailles, Hitler est à Strasbourg. Puis, le 2 juillet 1940, l'Alsace et la Lorraine passent officiellement sous administration allemande.

    Dès le mois de juillet, les Allemands, sous l'impulsion du « Gauleiter » Wagner, gouverneur d'Alsace et du Pays de Bade, mettent en oeuvre d'importants moyens pour réaliser le plus rapidement possible un retour à la vie normale. Les unités du génie de la Wermacht reconstruisent les ponts dynamités et remettent en ordre routes et voies ferrées.

    Le ravitaillement de la population est assuré et l'économie commence à se remettre en marche. Les familles alsaciennes évacuées en Dordogne (et les joueurs du Racing) ainsi que les prisonniers rentrent au pays courant août. Les retours seront échelonnes jusqu'en décembre.

    Le 8 juillet, le quotidien « Les Dernières Nouvelles d'Alsace » redeviennent les « Strassburger Neuste Nachrichten ». Le 15 juillet, la frontière de l'ancien « Reichsland » d'Alsace-Moselle, établie en 1871, redevient effective. L'Alsace est divisée en six « Kreis » (arrondissements) : Haguenau, Guebwiller, Molsheim, Mulhouse, Saverne et Strasbourg.

    La nouvelle administration allemande en Alsace créé son comité régional de la Fédération nationale-socialiste d'éducation physique, le « Nationalsozialistische Reichsbund für Leibesübungen » (NSRL). La participation aux activités, association sportives, à caractère confessionnel ou politique est interdite. Une nouvelle réglementation paraîtra. Les noms français des associations devront être germanisés, chaque association devra se faire connaître à l'administration civile et la composition du comité ainsi que la date de reprise envisagée doit être signalée. La reprise des activités est soumise à l'approbation du chef de l'administration civile, le « Sportgauleiter » Kraft du NSRL pour le sport.

    Enfin, dès le 21 juillet 1940, jour de la finale du Championnat d'Allemagne à Berlin, est entérinée l'intégration des clubs d'Alsace (et de Moselle) dans la Fédération Allemande (le DFB) et la création de cette « Gauliga Elsaß », dont le vainqueur jouera la phase finale du championnat d'Allemagne.
    [-(
  • schlesier a écrit :
    Ils sont transplantés dans le sud-ouest de la France

    :O #-o

    simple question : pourquoi sont ils retournes en alsace au mois d'aout alors qu'elle etait encore occupee ??? :-/
  • mosto1176454467.jpg
    Modifié par mosto ·
    mosto • 35 ans
    samh a écrit :
    simple question : pourquoi sont ils retournes en alsace au mois d'aout alors qu'elle etait encore occupee ??? :-/


    Parce qu'après la débacle, toute la Gaulle fut occupée. :-B
  • Ben simplement parce que c'est là bas qu'ils avaient leur domicile, leur travail et qu'ils étaient chez eux.

    Imagine qu'on te vire de chez toi du jour au lendemain avec juste une valise, t'as qu'une envie, c'est d'y retourner.

    A noter que beaucoup d'Alsaciens sont tout de même restés au sud ouest.
  • mosto a écrit :
    samh a écrit :
    simple question : pourquoi sont ils retournes en alsace au mois d'aout alors qu'elle etait encore occupee ??? :-/


    Parce qu'après la débacle, toute la Gaulle fut occupée. :-B


    oui mais seule la partie nord fut sous l'egide de l'allemagne, non ?
  • Avec le centre sous le gouvernement collaborationiste de Vichy, et le sud occupé par les italiens de Mussolini. Si mes souvenirs sont bons... :)
  • mosto a écrit :
    Si mes souvenirs sont bons... :)


    t'as fait la guerre ??? :O
  • mosto1176454467.jpg
    Modifié par mosto ·
    mosto • 35 ans
    samh a écrit :
    t'as fait la guerre ??? :O


    Du Golfe, oui. La première. :-'

    :p Pour celle de 40, je me base sur les souvenirs de cours d'histoire. Et je n'étais pas très attentif, alors je ne prétends rien.
  • INSOLITE

    Allez sur ce lien et vous verrez 59 secondes d'un match disputé en 1941 au parc des Princes par Schalke 04 contre une sélection militaire de Paris, encore appelée "Pariser Soldatenelf"! Il y avait 40.000 personnes (toutes de la Wehrmacht)...

    Cliquez sur le pictogramme de la TV pour y accéder.
  • Oui c'est mieux avec le lien!!

    Le voilà

    www.ina.fr/voir_revoir/guerre/mondiales/41-65.fr.html#5
  • Ach zabotage! Ca ne marche pas! :((
  • Autre lien, avec un championnat international du STO (Service du Travail Obligatoire) en Haute-Silésie!

    Réunion sportive
    Allemagne Pologne Haute-silésie - 20 août 1943
    [ Des équipes de travailleurs étrangers en Allemagne s'affrontent sous la bannière de leur nationalité: lutte, course de fond et match de football où les Français se distinguent 2 buts à 1. 52 sec ]

    http://www.ina.fr/voir_revoir/guerre/france/43-33.fr.html#9

    Rassurez-vous, on va bientôt reparler du Racing & de l'Alsace à cette époque!
  • Le livre "Stürmer für Hitler" indique que "les deux frères Keller ont joué pour le SG SS Strassburg". Vrai ou faux? S'agissait-il de Fritz et Curt? Pourtant Curt était à Toulouse, n'est-ce pas?
  • Curt Keller ne pouvait être en Alsace en 1941 puisqu'il a joué la finale de la coupe de France le 18 mai 1941 (en compagnie d'un certain Roland Schmitt, un Alsacien, un Lorrain?) et Henri Roessler était au Red Star (de St-Ouen).

    Schmitt et Roessler allait même jouer avec l'équipe de France le 8 mars 1942 contre la Suisse à Marseille, un mois après un certain Suisse-Allemagne.

    Qu'un Alsacien ait pu jouer pour la France en 1942 face à la Suisse et à l'Espagne (les deux seules rencontres de la guerre) ne manque pas de surprendre au moment où le SG SS Strassburg courtisaient les internationaux Alsaciens avec force.

    Curt Keller et Henri Roessler n'auraient donc pas été contraints de rentrer en Alsace comme Oscar Heisserer, même après le 25 août 1942. Bizarre... #-o #-o #-o
  • En 1941, la première édition de la « Gauliga Elsass » propose une finale en deux manches, Racing Strasbourg contre FC Mulhouse

    Dès le 21 juillet 1940, jour de la finale du championnat d'Allemagne à Berlin, avait été entérinée l'intégration des clubs d'Alsace (et de Moselle) dans le DFB, la fédération Allemande, et la création de la « Gauliga Elsass », dont le vainqueur allait disputer la phase finale du championnat d'Allemagne, le « Deutsche Meisterschaft ».

    Ø Le groupe Basse-Alsace comporte huit équipes, idem pour celui de Haute-Alsace. Les trois derniers de chaque poule devront descendre en « Bezirksliga », et il y aura deux promus, pour former une Gauliga à poule unique de 12 équipes.

    Ø Dans le groupe 1, le Racing l'emporte avec deux points d'avance seulement sur Schiltigheim et, surprenant, six sur le Sportgemeinschaft. Schiltigheim finit meilleure attaque mais le Racing a une défense de fer, la meilleure du groupe avec celle du FC Haguenau.

    Ø Des surprises, il y en a, comme en ce dimanche 16 février 1941 où Sélestat bat à domicile le Sportgemeinschaft SS ! Le quotidien « Strassburger Neueste Nachrichten » ne s'étendra pas sur la question. Mais le Sportgemeinschaft en profitera pour recruter – à sa manière – de nouveaux joueurs à Sélestat, et ainsi agrandir sa collection de joueurs Alsaciens, Allemands et Autrichiens.

    Ø Dans le groupe 2, le FC Mulhouse relègue les SR Colmar à trois petits points, mais finit meilleure attaque de toute la « Gauliga » avec 70 buts. Les SR Colmar du président Joseph Lehmann font eux-mêmes parler la poudre dans leur « Frankenweg-Stadion » et ont la deuxième attaque de toute l'Alsace avec 66 buts.

    Ø En finale, Mulhouse s'impose au Racing sur le fil : 3-1 dans son antre de Bourtzwiller, 1-2 à la Meinau.

    Ø Les Mulhousiens se qualifient donc pour le groupe 3 de la phase finale du championnat d'Allemagne, où ils rencontrent trois autres équipes championnes régionales par matches aller-retour. Un match nul à domicile 2-2 contre Altenessen et cinq lourdes défaites sanctionnent leur élimination. Leurs résultats sont : Altenessen – FCM 5-2, 2-2 ; Offenbach – FCM 6-2, 5-1 ; Köln – FCM 6-1 & 4-1. Le VfL Köln 99 finit premier de ce groupe et se qualifie pour les demi-finales du « Deutsche Meisterschaft ».

    Ø Pendant ce temps là, en France, le 18 mai 1941, l'Alsacien Curt Keller avec Toulouse et le Lorrain Emile Rummelhardt avec Bordeaux disputent la finale de la coupe de France inter-zones à Colombes.

    Ø Mulhouse représente aussi l'Alsace en coupe d'Allemagne, qui se joue en deuxième moitié de saison, toujours sur l'année civile. Qualifiés d'office pour les seizièmes de finale, les Mulhousiens se font corriger à domicile par les Kickers de Stuttgart (0-4).

    Ø Le TuS Schweighausen (Schwighouse) sous l'impulsion de Xavier Wittemann & Alphonse Lux, et le FC Stern Mülhausen (l'Etoile), entraîné par Grimond, montent de « Bezirksliga », la deuxième division alsacienne. La foule drainée par les matches des Mulhousiens est conséquente, puisque le FC Stern évolue régulièrement sous le regard de 3.000 spectateurs, entassés autour du terrain de Cockrouri, et qui trouvent les rencontres passionnantes, et permettent d'oublier le temps d'un match, les dures réalités du moment.

    Ø Conséquence de l'appartenance d'un club à l'Avant Garde du Rhin dissoute : ses membres dirigeants n'ont plus le droit d'exercer. Ainsi, Albert Hubstenberger ne peut rester président du Sport Verein Roeschwoog, qui s'est engagé en « Kreisliga » (3e division). C'est un des joueurs du club, Frédéric Boos, qui lui succède à la présidence.

    Ø Le sélectionneur national allemand, Sepp Herberger, se déplace en Alsace pour rencontrer Oscar Heisserer et le convaincre d'intégrer l'équipe d'Allemagne, à l'instar du Germano-polonais Ernst Willimowski. Mais le strasbourgeois repoussera l'offre, ne pouvant concevoir de porter un autre maillot que celui de l'équipe de France. Herberger n'insistera pas.

    Ø En athlétisme, Alfred Dompert, licencié à Strasbourg bien qu'originaire de Stuttgart, est vice-champion d'Allemagne 1941 du 1.500 mètres. Il était médaillé de bronze au Jeux Olympiques de Berlin sur 3.000 mètres steeple.

    En juillet 1941, le « Reichsarbeitdienst » (RAD), service de travail du Reich, devient obligatoire et le pouvoir exige la mise à disposition de la main d'oeuvre que constituent les jeunes hommes avant leur incorporation dans la Wehrmacht.
  • Le vaillant grand-père du foot strasbourgeois

    Un grand-père comme chaque enfant aimerait en avoir un.


    C'est un grand-père comme chaque enfant aimerait en avoir un : physique élégant d'athlète, généreux, pondéré, prompt à raconter des histoires captivantes, sans forfanterie, intarissable, passionné et passionnant. René Hauss, 65 ans, capitaine du Racing club de Strasbourg de 1954 à 1967, est de la trempe des Just Fontaine, des Roger Piantoni et des Bob Jonquet, un « défenseur d'une rare élégance ». René Hauss force d'autant plus l'admiration qu'il a couru les terrains de foot pendant dix ans avec une jambe invalide à 10 %. De sa formation, il a retenu une grande sobriété : « On nous disait que, pour réussir, il ne faut boire ni alcool, ni café. » C'est donc en sirotant une infusion qu'il trace un panorama de sa longue carrière.

    Bleu-blanc-rouge en 1942

    Alors qu'amateur, il tapait dans le ballon au modeste club de Lingolsheim, ville où il est né un 25 décembre, il se souvient de ce derby auquel il a assisté, entre le RCS et la Sportgemeinschaft Strassburg (SS ! et futur Red Star), en 1942. « L'équipe de la Sportgemeinschaft était habillée tout en noir, avec le sigle SS frappé sur les maillots. Le Racing portait des maillots bleus, des shorts blancs et des bas rouges. Les occupants n'ont pas apprécié ! » Convoqué par la Gestapo, le président du club, Joseph Heintz, a donné pour excuse le manque de tickets de rationnement justifiant le bleu-blanc-rouge des joueurs du Racing. « Je ne sais si la police allemande était convaincue par cette explication, toujours est-il qu'elle n'a, heureusement, pas donné suite. »

    Extrait de Strasbourg Magazine No 129 - Mars 2002
  • Mosto, aurais-tu du nouveau sur cette période? #-o
  • Ce message est une brève publiée sur le portail.
    Oscar Heisserer, seul alsacien capitaine de l'équipe de France, est décédé. Il avait fêté ses 90 ans en juillet.
    Source: CCS
  • RIP Oscar :(
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