November 2006


Il faut bien que génèse se passe...

"Je me souviens... non, je me souviens pas bien...
attends... non, j'étais trop petit...
non... j'étais même pas là du tout... pas encore...
Ouille c'est loin tout ça !...
Ca a mal commencé, ça c'est sûr...
ça a commencé avec LUI... comment il s'appelait déjà ?
Bon, en tout cas, un jour qu'il s'ennouillait,
là-haut tout seul dans son logiciel
- peut-être il a voulu se payer une récréation -
il a mis le doigt sur un drôle de bouton rouge
et ça a fait SPLOTCH... BANG !
et pas un petit bang de rien du tout, non, un gigantexe, un très énorme
BIG BANG !!
On a jamais pu savoir s'il avait fait essprès,
mais ce qu'on sait, c'est que ce jour-là,
il a mis le monde au monde...
Y'en a qui disent que juste avant il aurait crié :
"Que le monde soit !"
Ca doit être vrai, passque à partir de là, le monde fut.
Le monde fut, et il est encore...
seulement faut voir dans quel état il est !!!...

Faut dire qu'il a tout fait tout seul.
tout seul, et à toute vitesse...
c'est bien simple, il a tout fait en UNE SEMAINE !
Pas étonnant que ça ait donné n'importe quoi...

D'abord, il a jeté un regard sur notre boule
très complètement obsessionné :
Prêt, pas prêt, je fonce ! On verra bien...
Faut rendre au hasard ce qui appartient au hasard !
Au début du commencement, fallait la nommer,
notre boule... Alors là, on peut pas dire qu'il s'est fatigué la machination.
Pour les autres, il avait trouvé des noms jolis, pour faire plaisir aux poètes :
la Lune... Vénus... ça fait rêver...
Avec nous, penses-tu, il était tellement pressé
qu'il a pris un petit morceau de notre boule,
il l'a tiré en l'air à pile ou face,
et quand c'est retombé en miettes, il a dit :
Mais c'est de la terre !
Et le nom est resté. C'est bête...
on peut pas imaginationner un nom pluss terre à terre !

Et puis ensuite il a eu une idée sotte et grenue...
il a mis de l'eau partout !
Alors là, il a vraiment mis le paquet avec la mer.
Bon, c'est joli l'eau, et c'est commode...
Seulement là, on se demande pourquoi l'avoir appelée la Terre
si c'était pour la couvrir d'eau !

Et les montagnes ! alors là, ça a été pire
il a fait ça n'importe comment... une montagne, puis une autre...
puis encore une... à toute vitesse...
les montagnes il les a faites à la chaîne !
Et en plus, en plus,
il s'est même pas donné la peine d'éteindre les volcans...
ça fume encore...
et on a trouvé personne pour les arrêter
ça fume, ça fume...
Tu parles d'un exemple pour les jeunes !
Mais lui il s'en fichait, penses-tu, il était pressé :
Hop ! Plus vite ! Faut passer à autre chose...
Ah tiens, une idée : si je faisais des forêts..."

Marc FAVREAU, "Le dispendieu" (in "Faut d'la fuite dans les idées")

http://ludocreationsautourdesergelama.hautetfort.com/images/mediu...

Au commencement donc...
Le mot départ est intéressant. 3 définitions (contradictoires ? logiques ? complémentaires ?)

1/ action de partir
2/ origine, commencement
3/ faire le départ de : séparer

Oui mais dans quel ordre ?

(et dire qu'il est possible de refaire le monde en 15 jours....)

Mise à nue...

26/11/2006 00:00
556 lectures
Femme aimante, pâle
dénudée du tricot des persévérants soleils,
ton regard gomme mes torrides tornades
Incitatrice de la mouvance des sables,
par le miroir de mes mains,
ton corps, sous la lune, improvise sa chanson.

Je prête mon nom à tous tes jeux,
quand tu balaies la nuit de ta robe d'oracle
pour que nos gestes se reconnaissent.

Sous les draps du matin, à l'orée du flou,
tu retrouves ta cadence.
La lumière de tes mots, ses grains mouillés,
me font douceur glissante

Femme papyrus
fragile intercalaire
entre aujourd'hui et tout lendemain,
je me double dans tes jardins-mémoires.
Porteuse de rêve, au carrefour des rues sans nom
les années de décloisonnements
là où les joncs se courbent
pour saluer la prudence de tes pas.

Je te regarde de mes mains,
te touche, de tous les yeux de ma tendresse
Fais-moi un paillis de ton corps,
en contrepoint de la sécheresse de tant d'hiers.

Femme de libre index,
maintenant que tu me lis à livre ouvert,
l'écorce de mes pages te sera le sésame
des secrets que je dessine,
sous le rythme de ta méridienne.

Losque ma nuit oubliera de se coucher,
m'accordant paix et poussière,
je continuerai à décoder le dialogue de tes gestes,
quand tu faisais la sieste, tel un poème en gestation.

Sur ta plage,
Un fémur que je veux de temps très anciens,
tient tête encore à l'ensablement des vagues
car il était une fois,
une lente phrase de violoncelle....

Anthony Phelps, "Femme papyrus"

http://www.triremis.com.au/petros/graphics/nude-pencil.jpg

"l'écorce de mes pages te sera le sésame des secrets que je dessine..."

Rire et foot...

22/11/2006 19:48
374 lectures
Parce que j'ai décidé de placer cette journée sous le signe du rire (c'est le 13ème du zodiaque si on vous demande), voici quelques moments de décoinçages zygomaticiens... En espérant que cela vous fasse sourire (ou sous-rire selon le degré d'humour de chacun...)

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Allez un peu de foot aussi, ça me fait plaisir...

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Pante de pachipoussouks !

18/11/2006 17:19
1.305 lectures
Tout le monde (enfin mes amis, enfin mon ami, enfin certains de mes lecteurs) ou personne, on s'en fout après tout, connaît (ou pas) mon penchant pour les tirades, insultes, injures, invectives et autres outrages proférés par le non moins célèbre Capitaine Haddock.

Eh ben figurez-vous que cet anacoluthe sait également vociférer en alsacien... Hopla...

http://www.verdammi.org/tintin.jpg

(euh, pour la traduction, j'aurais besoin de votre aimable participation. Tintinophiles amateurs s'abstenir...)

Friday yearning...

09/11/2006 23:59
1.059 lectures
Friday moaning...



If I could put you in a frame I'd draw you smiling
With a cigarette in your mouth and your hands reaching out for something
And if I had your speaking voice I'd never whisper...

Elle est confidential...

07/11/2006 16:58
502 lectures
C'est dans un de ces bouges mal famés de la banlieue de Los Angeles que tout a débuté... Putain de claque...

Assise sur les marches du Lincoln Memorial, Mathilde contemplait cette ville qu'elle affectionnait tant. Elle avait été catapultée dans la capitale américaine pour y faire un stage au Washington Post. Toute jeune diplômée de l'Ecole de journalisme, cette opportunité de faire ses premières armes dans ce grand quotidien pullitzerisé lui paraissait presque irréel. Consciente qu'elle n'allait y être qu'une pigiste sous-traitée, elle n'en demeurait pas moins fascinée par ce qui se dégageait de cet endroit. Savoir qu'elle foulait le même sol que Woodward et Bernstein, ces 2 fouille-merde qui avait foutu le feu à l'Amérique en 1972 en révélant l'affaire du Watergate, avait suffi à provoquer en elle une excitation sans borne.

Le soir tombait sur la capitale. Mathilde n'avait aucun projet précis, juste une envie d'errer entre les monuments de marbre qui peuplaient la ville. Elle descendit les marches, frissonna sous la bise qui venait de se lever. Elle fit quelques pas dans l'herbe, lorsqu'elle entendit une voix l'appeler dans la nuit. Elle se retourna, et reconnut James, son boss, dissimulé derrière un arbre. Surprise, elle s'avança vers lui, intriguée par sa présence. Il lui attrapa brusquement le bras, et l'attira avec lui derrière l'arbre. Il ne lui fallut qu'une minute pour lui expliquer cet étrange manège. James était sur un gros coup, une histoire à faire péter les ventes. Et il avait besoin d'elle. Il se savait épié par la CIA, et ne pouvait poursuivre ses investigations à découvert. Mathilde devait se rendre dès le lendemain à Los angeles, y rencontrer un contact. Ce dernier lui remettrait une enveloppe, qu'elle rapporterait à James au plus vite. Il ne lui cacha pas que l'entreprise était dangereuse, et qu'elle risquait d'y laisser des plumes. Trop excitée pour mesurer ce qui se passait, Mathilde lui sourit, et le rassura. Elle n'avait pas peur...

Son avion décolla très tôt dans la matinée. Elle avait peu dormi, encore sous le choc de ce qu'elle s'apprêtait à affronter. Elle avait peu de détails sur ce qui l'attendait à L.A. Une voiture viendrait la prendre à l'aéroport, et la conduirait à l'endroit convenu avec le contact. La transaction ne durerait qu'un instant, aucune parole ne serait échangée.
A l'arrivée à l'aéroport, elle sentit l'adrénaline parcourir ses veines. La voiture était là, une grosse Lincoln noire, conduite par un asiatique. Aucun mot ne fut prononcé pendant le trajet, ce qui laissa tout le loisir à Mathilde de contempler la laideur californienne. Le béton avait envahi chaque parcelle de terrain, le soleil ne suffisait pas à embellir ce qui défilait devant ses yeux.
La voiture bifurqua dans Mulholland Highway, et s'enfonça dans les collines, offrant à Mathilde une vue imprenable sur la cité des anges et la vallée de San Fernando. Le véhicule stoppa soudainement, et les choses s'enchaînèrent à une vitesse infernale. Avant qu'elle eut le temps de réaliser ce qui se passait, un homme avait ouvert la portière, et balancé une enveloppe sur la banquette arrière. La voiture démarra en trombe, si violemment qu'elle se retrouva propulsée contre son siège, ahurie...

Elle mit quelques instants avant de reprendre ses esprits, se retourna, s'empara de l'enveloppe avant de la glisser dans son sac...

Elle décida de passer outre les recommandations de son boss, et somma le chauffeur de la déposer dans le premier rade qui se trouverait sur leur route. Toute ces émotions lui avaient donné soif. Il faisait nuit à présent, et son vol de retour n'était que le lendemain. Elle sortit de la Lincoln, renvoya l'asiatique. Elle se débrouillerait seule désormais.

Elle entra dans ce qui ressemblait à un club de jazz. Il y avait très peu de tables, la pénombre peinait à dissimuler la crasse qui régnait en maître dans ce claque. Elle s'assit au bar, sortit son étui à cigarettes et commanda un verre de Chardonnay. Un orchestre jouait du Coltrane. Elle se retourna sur son tabouret, pour regarder les musiciens, de vieux blacks grisonnants et bedonnants. Le pianiste était beaucoup plus jeune, plus doué aussi, et Mathilde le trouva immédiatement beau. Très beau même. De ces beautés dont on dit qu'elles vous fascinent. Elle ne parvenait pas à détacher son regard de son visage, une étrange chaleur commençait d'envahir son corps. Au moment d'entamer "All or nothing at all", il leva les yeux vers elle. Ce qui se produisit alors n'existe que dans les rêves : la combustion instantanée de deux âmes... Elle faillit en tomber de sa chaise, le trouble qui l'habitait soudain paralysant chacun de ses gestes. Prise de tremblements, elle attrapa ses cigarettes, et tenta de calmer sa fièvre dans le brouillard des volutes. Un sentiment de panique s'était emparé d'elle, un vertige sans nom. Lorsque l'orchestre cessa de jouer, elle eut l'impression que le sol se dérobait sous son tabouret. Elle savait. Elle savait, à cet instant même, que dans une seconde il serait à ses côtés, dans ce taudis puant, qu'au moment où leurs yeux se rencontreraient à nouveau, elle serait fichue...

Dans l'avion, Mathilde fixait les nuages. Cette immensité cotonneuse lui rappelait la douceur qu'elle venait de connaître. Ils avaient fait l'amour jusqu'au matin, et elle avait pensé que jamais tant de tendresse n'avait à ce point rempli son coeur...

De retour à Washington, elle appela James, pour lui remettre la fameuse enveloppe. Elle ne voulait pas connaître son contenu, toute cette histoire ne l'intéressait plus. Il n'y avait que lui. Le souvenir de cette peau contre la sienne, et dont ses mains s'étaient enivrées. Ce regard, dans lequel elle avait plongé, où elle s'était perdue... Ses yeux...Ceux d'un chat...

http://www.geocities.com/Hollywood/Picture/2648/18.jpg

île était une fois...

05/11/2006 18:07
377 lectures
Une île
Une île au large de l'espoir
Où les hommes n'auraient pas peur
Et douce et calme comme ton miroir
Une île
Claire comme un matin de Pâques
Offrant l'océane langueur
D'une sirène à chaque vague
Viens
Viens mon amour
Là-bas ne seraient point ces fous
Qui nous disent d'être sages
Ou que vingt ans est le bel âge
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aimer

Une île
Une île au large de l'amour
Posée sur l'autel de la mer
Satin couché sur le velours
Une île
Chaude comme la tendresse
Espérante comme un désert
Qu'un nuage de pluie caresse
Viens
Viens mon amour
Là-bas ne seraient point ces fous
Qui nous cachent les longues plages
Viens mon amour
Fuyons l'orage
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aimer

Une île
Une île qu'il nous reste à bâtir
Mais qui donc pourrait retenir
Les rêves que l'on rêve à deux
Une île
Voici qu'une île est en partance
Et qui sommeillait en nos yeux
Depuis les portes de l'enfance
Viens
Viens mon amour
Car c'est là-bas que tout commence
Je crois à la dernière chance
Et tu es celle que je veux
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aimer

Jacques Brel, " Une île"
http://www.rachelleb.com/images/2004_05_hawaii/waimea_footprints_...

Rrrrrrrrrrr...

03/11/2006 19:45
709 lectures
Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum,
Nagent autour de son corps brun.


Charles Baudelaire, "Le chat"

http://www.weathervanes.co.uk/images/Weathervanepics/Cats/2catsbK.jpg
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